la dernière
chambre de Babel
Automne 1
| 2015

/ LE RÊVE DE L'ESCABEAU

 

Être aimée d’Amour
Dont j’ai vu le visage
Et que j’ai perdu
Quand de moi tu as connu la brûlure
Je ne peux vivre autrement quand te cherchant toujours
Maintenant je me rends au Palais de Cythère
Je me livre et m’incline
Traînée
Battue
C’est le prix de ma folie
La lune présente sa face obscure à la terre et brille encore un instant d’une faible lumière de cendres
Je trierai les graines
Je trouverai les fils d’or de la toison
J’irai chercher l’eau du Styx à sa source
Je connaîtrai la spirale de la tour et tous les secrets pour entrer et sortir des enfers
Laide et épuisée je m’endormirai devant les portes de ces lieux effrayants
au pied de la souche noire,
ce tronc foudroyé et recourbé en forme de voûte sous lequel nous passons et repassons pendant nos jeux, enfants, avec ma soeur, le long des haies de noisetiers dans les champs cultivés par mes aïeuls. Elle, la princesse dont je suis le valet sot de tant de fierté rebelle. Perverse innocence dont nous jouissons tour à tour. Je grimpe dans l’arbre et cesse d’obéir. La princesse fait semblant de se fâcher. L’été sent bon et les bottes de paille sont des morceaux de sucre dorés jetés par le soleil.

Ainsi tu sauras que je t’aime
Tu guériras de ta blessure
Tu me prendras dans tes bras et me rendras mon visage
Devant toi je boirai l’ambroisie
Et de papillon il me poussera des ailes

 

 

 

| Nathalie Hervieux 2007 - 2014

 

 

« Si je t'ai blessé, c'est que ta blessure est aussi la mienne. Alors, ne m'en veux pas. Je suis un être inachevé. Bien plus que tu ne le crois. »

 

 

 

| Haruki MURAKAMI, La Ballade de l'impossible

 

 

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