la dernière
chambre de Babel
été 2
| 2017

Évadné

L'été et notre vie étions d'un seul tenant
La campagne mangeait la couleur de ta jupe odorante.

 

 

 

| René CHAR, Fureur et mystère,
partie SEULS DEMEURENT (1938-1944), Évadné

 

 

- Je t'écoute.
- Il y a un monstre à l'intérieur de mon corps, c'est un monstre qu'il ne faut absolumment pas laisser sortir.
- Pourquoi ?
- Personne ne sait de quoi il est capable.
- Bon. Et si ce monstre était fou de rage seulement d'être enfermé ?
- Que dis-tu ?
- Peut-être que ce monstre, une fois libéré, serait tout à fait aimable.
- Est-ce que tu veux dire que ce dont il est capable n'est pas forcément horrible ?
- Oui mais pas seulement. Je veux dire que ce n'est pas forcément un monstre.

 

 

 

| Nathalie H, juin 2017

 

 

" - Dans Le Banquet de Platon, Aristophane affirme que dans le monde mythique d’autrefois il existait trois types d’êtres humains. Tu connais cette histoire ?
- Non.
- Autrefois, les êtres humains ne naissaient pas homme ou femme, mais homme/homme, homme/femme ou femme/femme. Autrement dit, il fallait réunir deux personnes d’aujourd’hui pour en faire une seule. Tout le monde était satisfait comme ça, et la vie se déroulait paisiblement. Mais Dieu a pris une épée et a coupé tous les êtres en deux bien nettement, par le milieu. Résultat : il y a eu des hommes et des femmes, et les gens se sont mis à courir dans tous les sens toute leur vie à la recherche de leur moitié perdue.
- Pourquoi Dieu a-t-Il fait ça ?
- Couper les gens en deux ? Je n’en sais rien, moi. Ce que fait Dieu est généralement assez incompréhensible. Il se met facilement en colère et puis, comment dire, Il a une tendance à l’idéalisme. J’imagine que c’était une punition. Comme dans la Bible, quand Il a chassé Adam et Eve du paradis. "

 

 

| Haruki MURAKAMI, Kafka sur le rivage


Le prochain été de la Chambre de Babel sera d'un bleu rosé, nacré, comme la couleur de la mer maintenant, au moment du coucher du soleil, à Hermanville-sur-Mer.

J’ai trouvé l’eau si belle Que je m’y suis baignée

L'étoile chaude s'est dégagé de derrière les nuages au moment où j'entrais dans l'eau et tout s'est mis à briller.

Il y a longtemps que je t'aime Jamais je ne t'oublierai

Parfois, le ciel la terre l'eau et le soleil, tous ensemble, unis, rassemblent mes moitiés séparées.

Alors j'ai nagé heureuse comme une enfant.

 

 

 

| Nathalie H, 23 juin 2017

 

 

 | scroll horizontal >>> Dernière chambre de Babel - Été 2 | 2017
© Nathalie Hervieux tous droits réservés
            Dernière chambre de Babel - Été 2 | 2017
© Nathalie Hervieux tous droits réservés